Suspension de l’aide américaine : des millions de vies en danger notamment les patients de VIH en Haïti

L’administration Trump a pris une décision lourde de conséquences en suspendant l’aide étrangère américaine, notamment la fourniture de médicaments essentiels contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Cette mesure, révélée par une note interne consultée par Reuters, affecte directement les programmes soutenus par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) dans plusieurs pays pauvres, dont Haïti.
Une décision aux répercussions dramatiques
Les premiers impacts de cette suspension se font déjà sentir. Plusieurs partenaires de l’USAID, comme la société Chemonics, ont reçu l’ordre d’arrêter immédiatement la livraison des médicaments et des équipements de santé. Plus inquiétant encore, certaines cliniques financées par les États-Unis sont forcées de fermer leurs portes, laissant de nombreux patients sans prise en charge.
Cette décision va au-delà d’une simple réorientation budgétaire : elle met en péril la vie de millions de personnes dépendant de ces traitements pour survivre. D’après l’ancien responsable de la santé mondiale à l’USAID, Atul Gawande, l’arrêt brutal des dons de médicaments signifie une catastrophe humanitaire. « Ces médicaments maintiennent en vie 20 millions de personnes atteintes du VIH. Cela s’arrête aujourd’hui. »
Haïti en première ligne de la crise
Parmi les pays les plus touchés par cette suspension figure Haïti, où l’accès aux soins est déjà limité. Selon le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), plus de 160 000 personnes sont séropositives. En mars 2024, l’ONUSIDA indiquait que 50 000 patients recevaient un traitement antirétroviral uniquement dans le département de l’Ouest.
L’arrêt de l’aide américaine ne se limite pas au VIH : il concerne aussi les traitements contre la tuberculose, le paludisme et les soins destinés aux nouveau-nés et aux femmes enceintes. Des milliers de patients risquent donc d’être laissés sans soins, ce qui pourrait entraîner une recrudescence des maladies et une augmentation du nombre de décès évitables.
Un gel temporaire, mais aux effets durables
L’administration Trump justifie cette suspension comme une pause de 90 jours, le temps d’évaluer l’efficacité et la cohérence de l’aide étrangère avec la politique américaine. Pourtant, pour de nombreux experts en santé publique, même un arrêt temporaire peut avoir des conséquences irréversibles.
Sans ces traitements, les infections pourraient exploser, les patients sous thérapie pourraient développer des résistances aux médicaments, et les infrastructures médicales déjà fragiles risquent de s’effondrer.
Alors que des milliers de vies sont en jeu, la communauté internationale s’inquiète des répercussions de cette mesure et appelle les autorités américaines à reconsidérer leur position avant qu’une crise humanitaire majeure ne se déclenche.
Joame Baptisné




