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Sécurité publique en crise : Le gouvernement met la pression sur la PNH

Face à une recrudescence inquiétante de l’insécurité en Haïti, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Patrick Pélissier, a pris une décision radicale. Le samedi 1er février, il a ordonné au directeur général par intérim de la Police nationale d’Haïti (PNH), Rameau Normil, d’intensifier la lutte contre la criminalité qui gangrène la capitale. Cette directive traduit l’urgence de la situation et la volonté du gouvernement de reprendre le contrôle face à la montée en puissance des groupes armés.

C’est en effet une injonction ferme pour contrer l’insécurité. Dans sa note officielle, le ministre Pélissier insiste sur la gravité de la situation et exige la mobilisation immédiate de toutes les ressources policières disponibles. Cette initiative vise à contenir l’expansion des gangs, dont l’emprise sur plusieurs quartiers de la capitale ne cesse de croître. L’appel du ministre intervient alors que la population haïtienne subit une vague de violences sans précédent, alimentée par des affrontements entre groupes armés et par un climat de peur généralisé.

Le poids des gangs et la menace de représailles

Cette instruction survient dans un contexte particulièrement tendu. Récemment, une vidéo du chef de gang Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », leader du groupe « Viv Ansanm », a été diffusée, dans laquelle il menace de réagir aux démarches de l’avocat André Michel et de l’homme politique Claude Joseph. Ces derniers ont demandé aux autorités américaines d’inclure « Viv Ansanm » sur la liste des organisations terroristes, une initiative qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur la situation sécuritaire du pays.

Si la fermeté du ministre de la Justice semble justifiée par l’urgence sécuritaire, la diffusion publique de cette directive suscite des interrogations. Une telle décision aurait pu être communiquée de manière plus discrète, via les canaux administratifs appropriés. Son exposition médiatique suggère une possible volonté de mettre en lumière la gestion de la PNH par son directeur général, Rameau Normil, alors que des rumeurs persistent sur un éventuel remaniement au sein de l’institution policière.

Alors que la pression gouvernementale sur la PNH s’intensifie, la question demeure : cette injonction suffira-t-elle à inverser la tendance et à restaurer la sécurité dans le pays ? Entre les menaces des gangs, les luttes internes au sein de l’appareil sécuritaire et l’exaspération de la population, Haïti se trouve à un tournant décisif.

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