Carrefour Péy : un minibus et ses passagers capturés par le gang de Savien

Le détournement d’un minibus est survenu le mercredi 2 avril à Carrefour Péy, dans le Bas-Artibonite. Ce nouvel acte de violence, perpétré par des hommes armés du gang de Savien, s’inscrit dans une série d’enlèvements collectifs qui illustrent l’aggravation de la crise sécuritaire en cours. La population, de plus en plus livrée à elle-même, s’interroge sur l’efficacité des stratégies mises en place pour contrer la prolifération des groupes criminels.
L’attaque s’est déroulée en plein jour, alors que les forces de l’ordre avaient momentanément déserté leur position en raison des conditions météorologiques. Profitant de cette faille dans le dispositif de sécurité, les assaillants ont intercepté le véhicule et enlevé l’ensemble des passagers. Selon René Charles, leader d’une organisation paysanne locale, la zone est totalement sous le joug de groupes criminels qui opèrent en toute impunité.
Une région à la merci des gangs
Cette attaque survient dans un contexte de dégradation constante de la situation sécuritaire en Haïti, marquée par une augmentation des kidnappings et des exactions commises par les gangs. Moins de quinze jours auparavant, quatre personnes avaient été enlevées à Moreau-Drouet par les hommes de Luckson Elan, aboutissant à la libération de trois otages contre rançon, tandis que le quatrième avait été exécuté. Ces actes s’ajoutent aux attaques ayant coûté la vie à un policier kenyan de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MSS) et à l’incendie de plusieurs véhicules blindés des forces de l’ordre.
Les civils, déjà confrontés à des conditions de vie précaires, doivent en plus faire face aux taxes illégales imposées par les gangs sur les produits agricoles et les activités commerciales. Nombre d’entre eux choisissent de fuir, craignant d’être les prochaines victimes de cette spirale de violence.
Une absence de stratégie claire
Malgré des tentatives de réorganisation des forces de sécurité, incluant un remaniement au sein de la police départementale et le déploiement d’unités spécialisées, les gangs continuent de renforcer leur emprise sur l’Artibonite. L’incapacité des autorités à reprendre le contrôle des territoires perdus expose la population à un danger permanent.
Le détournement de l’autobus à Carrefour Péy révèle une nouvelle fois l’ampleur de la crise sécuritaire en Haïti. Tant que les mesures prises resteront insuffisantes pour enrayer l’expansion des gangs, la population continuera de vivre sous la menace constante d’un système criminel en pleine expansion. Face à l’urgence, seule une action ferme et coordonnée pourrait inverser la tendance et ramener un semblant de stabilité dans le pays.




