Près de 15 000 Haïtiens expulsés en 12 jours de la République Dominicaine

La République dominicaine a expulsé 14 874 ressortissants haïtiens en situation irrégulière entre le 1er et le 12 avril, selon les chiffres communiqués par la Direction générale des migrations (DGM). Une intensification des opérations migratoires qui s’inscrit dans la volonté des autorités de durcir leur politique face à l’afflux de migrants haïtiens.
L’objectif affiché par le gouvernement : expulser jusqu’à 10 000 personnes par semaine. Depuis octobre 2024, plus de 276 000 Haïtiens ont déjà été rapatriés. Pour justifier ces mesures, les autorités pointent une « surcharge migratoire » dans plusieurs zones du pays. « Nous devons agir de manière responsable pour garantir la sécurité et la stabilité de notre territoire », a déclaré le porte-parole du président Luis Abinader.
Dans le cadre de ce durcissement, les autorités dominicaines ont déployé des moyens technologiques pour mieux contrôler la frontière : drones, caméras et extension du mur frontalier sur 164 kilomètres. Une réponse sécuritaire assumée par le gouvernement, qui affirme vouloir « reprendre le contrôle » de ses zones frontalières.
Des expulsions sous le feu des critiques
Mais cette politique migratoire radicale ne fait pas l’unanimité. Des ONG et organisations de défense des droits humains dénoncent des rafles massives et parfois arbitraires, visant des personnes vulnérables. Malgré les assurances des autorités, qui parlent d’opérations « dans le respect des droits humains », des voix s’élèvent pour dénoncer des traitements inhumains et des violations du droit international.
À l’Organisation des États américains (OEA), le représentant d’Haïti, Gandy Thomas, a vivement critiqué les expulsions, qualifiant ces actions de « stratégie de nettoyage ethnique ». Il a exhorté l’organisation régionale à intervenir en faveur d’une solution concertée entre les deux pays.
La République dominicaine, de son côté, maintient le cap. Face à une crise migratoire qu’elle juge « ingérable », elle assure que ses infrastructures et services publics ne peuvent plus absorber l’afflux constant de migrants venus d’Haïti, un pays en proie à une instabilité politique et humanitaire majeure.




