Insécurité galopante : la DGI relocalisée à Delmas 33 pour assurer la continuité du service public

Face à l’insécurité croissante qui paralyse plusieurs quartiers de la capitale haïtienne, la Direction générale des impôts (DGI) a été contrainte de quitter son siège situé à Delmas 19. Désormais, l’institution fiscale opère depuis le Palais municipal de Delmas 33, une relocalisation rendue possible grâce à la collaboration avec les autorités locales.
Fermés depuis plusieurs semaines en raison des violences armées dans certaines zones de Delmas, les bureaux de la DGI rouvriront officiellement leurs portes ce lundi 14 avril. Les responsables de l’institution ont invité les contribuables à se rendre dans les nouveaux locaux pour s’acquitter de leurs obligations fiscales, dans un environnement jugé plus sécurisé.
Cette décision s’inscrit dans un contexte national de plus en plus préoccupant, marqué par la recrudescence des attaques contre les institutions publiques et privées, notamment dans le centre-ville de Port-au-Prince et ses environs. À Delmas, comme dans d’autres quartiers stratégiques, la présence étatique se réduit à mesure que les groupes armés étendent leur emprise.
Si cette relocalisation est saluée comme une solution temporaire pour assurer la continuité du service public, elle n’en suscite pas moins des inquiétudes. Certains observateurs y voient une illustration frappante de l’incapacité des autorités à sécuriser des zones essentielles, tandis que d’autres dénoncent un abandon progressif de territoires entiers aux mains de la coalition armée « Viv Ansanm ».
Depuis le début de l’année, les quartiers de Delmas 17, 19, 24, 29, 30, Christ-Roi, Nazon, se sont vidés de leurs habitants et de leur vitalité économique. Supermarchés, quincailleries, établissements scolaires, lieux de divertissement, mais aussi des institutions publiques comme l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA), ont dû fermer leurs portes, pris en étau entre la peur et la violence.



