Attaque de Viv Ansanm à Mirebalais : incendie, tirs nourris, évasion à la prison civile

La ville de Mirebalais, située au centre d’Haïti, a été la cible d’une attaque d’une grande violence dans la nuit du dimanche 30 au lundi 31 mars 2025. Des groupes armés affiliés aux gangs de Viv Ansanm notamment Canaan et Croix-des-Bouquets ont pris d’assaut plusieurs quartiers, semant la terreur et plongeant la ville dans un état de chaos absolu. Dans la foulée, une évasion spectaculaire a eu lieu à la prison civile de la ville.
C’est une attaque coordonnée et dévastatrice. Dès les premières heures de la matinée, aux alentours de 3 heures, les assaillants lourdement armés ont envahi la ville, incendiant des maisons et des véhicules, et tirant sans relâche. Face à cette violence inouïe, de nombreux habitants ont fui leurs domiciles dans l’espoir de trouver refuge ailleurs. L’Hôpital universitaire de Mirebalais a également été touché par l’attaque : son personnel et les patients ont dû se cacher pour éviter les balles perdues.
Prisonniers en fuite et forces de l’ordre dépassées
L’un des épisodes les plus marquants de cette attaque reste l’évasion massive de prisonniers de la prison civile de Mirebalais. Profitant de la confusion, ces détenus se sont échappés après que les policiers, en sous-effectif et mal équipés, ont été contraints d’abandonner le commissariat. Selon le délégué départemental du Centre, Frédérique Occéan, la situation est hors de contrôle, et la ville est livrée à elle-même.
Malgré une résistance héroïque d’un groupe de brigadiers appelé « BakòpFeray », qui a tenu tête aux gangs pendant plus de deux heures, les criminels ont fini par briser les lignes de défense. L’absence de renforts et de moyens adéquats a facilité la progression des assaillants, qui ont poursuivi leur offensive sans rencontrer de véritable opposition.
Une ville au bord de l’effondrement
Mirebalais, autrefois relativement épargnée par la flambée de violence qui ravage Haïti, est désormais un théâtre de guerre où les gangs imposent leur loi. Les habitants, paniqués, fuient en masse vers des zones plus sûres, tandis que les quartiers voisins, comme le Bas-Plateau Central et Saut-d’Eau, commencent à organiser leur défense pour éviter de subir le même sort.
Les autorités gouvernementales peinent à endiguer cette montée de violence qui gagne du terrain chaque jour. La population, livrée à elle-même, appelle à une intervention urgente pour rétablir un semblant d’ordre dans cette ville désormais en proie aux gangs armés.




