Haïti – ULCC : enquête sur un détournement présumé de 10 millions de gourdes,la ministre des Sports visée

Dans un rapport publié ce vendredi 26 septembre, l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) accuse la ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC), Niola Lynn Sarah Devalis Octavius, d’être impliquée dans le détournement d’un fonds de 10 millions de gourdes destiné à financer les commémorations de la bataille de Vertières.
Les fonds avaient été débloqués en novembre 2024 par le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), suite à une autorisation exceptionnelle en dépit du refus du contrôleur financier du MJSAC. Le chèque a été émis au nom du comptable en chef Ludner Vogel Desforges, qui aurait ouvert un compte privé à la BNC pour y verser les fonds — une méthode jugée illégale par l’ULCC.
Le rapport détaille plusieurs mouvements financiers suspects : Le 26 novembre 2024, 2 millions de gourdes auraient été transférés depuis le compte du comptable vers un compte personnel au nom de la ministre, via Jean Vilaire Maître, son chef de sécurité. Ce dernier est accusé d’avoir donné de fausses informations sur l’origine des fonds à la banque.
D’importantes sommes auraient été remises en liquide au chef de sécurité, sans pièces justificatives crédibles. D’autres dépenses irrégulières sont mentionnées : 700 000 gourdes pour une sonorisation sans facture, 400 000 gourdes pour un voyage sportif non lié à l’événement de Vertières, et des paiements à des entreprises non enregistrées fiscalement.
L’ULCC désigne la ministre Octavius comme figure centrale du dossier, la tenant pour responsable d’abus de fonction, de détournement de biens publics, de corruption et de blanchiment.
Jean Vilaire Maître, son chef de sécurité, est mis en cause pour fausses déclarations et entrave à la justice. Ludner Vogel Desforges, le comptable en chef, est accusé d’avoir orchestré le montage financier illégal.
Le rapport propose que les autorités judiciaires ouvrent des poursuites contre l’ensemble des personnes citées. Il appelle également à renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence dans la gestion des fonds publics.
Cette affaire risque de secouer le gouvernement et pose une fois de plus la question de la responsabilité des hauts fonctionnaires dans la supervision des fonds publics.




