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La ville de Mirebalais n’existe plus !

Le chaos règne à Mirebalais, une commune désormais livrée aux violences des gangs armés. Le commissariat, dernier symbole visible de l’autorité de l’État, a été réduit en ruines le mardi 15 avril 2025 dans l après-midi par des individus lourdement armés. L’image d’un pouvoir dévasté prend forme sous les yeux d’une population en détresse.

Une ville abandonnée, un État absent

Il ne reste presque plus rien à Mirebalais. Après des semaines de violences et de tensions croissantes, les gangs ont lancé une nouvelle offensive sanglante. Le commissariat de la ville, pilier de la présence étatique, a été ciblé et détruit dans une attaque filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. La vidéo montre des hommes armés s’acharnant sur le bâtiment, l’un d’eux ironisant : « Men li Leta, nou ba ou l jan w te mande l la».

Pillages, désertification, silence des autorités

Les rues de Mirebalais sont vides. Des milliers d’habitants ont fui, laissant derrière eux maisons, commerces et espoirs. Les gangs, eux, agissent sans opposition : pillages systématiques, marché public ravagé, entreprises vandalisées. L’absence totale de réaction de la police – malgré des promesses de déploiement massif – suscite incompréhension et colère.

Les chefs de gangs ont défié l’ordre établi. Comme pour enfoncer le clou, les chefs de gangs Lanmò San Jou et Jèf Gwo Lwa ont été aperçus dans les rues de la ville, paradant comme en territoire conquis. Cette démonstration de force illustre la déroute du renseignement policier et l’inaction persistante des autorités. Aucune déclaration, aucune intervention : un silence assourdissant entoure cette débâcle.

Au-delà de la ville, c’est tout un pays qui vacille. L’hôpital universitaire de Mirebalais – pilier du système de santé haïtien – a été contraint d’évacuer malades et personnel. Le barrage de Péligre, infrastructure stratégique pour l’alimentation électrique nationale, se trouve lui aussi exposé.

Si ces deux institutions venaient à tomber, les conséquences seraient incalculables : effondrement du système sanitaire, black-out généralisé, aggravation de la crise humanitaire. L’ombre d’une catastrophe nationale plane dangereusement sur Haïti.

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