Smith Augustin plaide pour une mobilisation régionale face à la crise haïtienne au Symposium de l’OEA à Washington

Le Conseiller-Président Smith Augustin, représentant de RED-EDE au Conseil présidentiel de Transition, a pris la parole ce mercredi au Symposium de l’Organisation des États américains (OEA), dressant un constat sombre mais lucide de la situation actuelle en Haïti.
Dès l’ouverture de son intervention, M. Augustin a alerté l’auditoire sur la gravité de la crise sécuritaire qui ravage son pays. Selon lui, environ 85 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince est désormais sous le contrôle de gangs lourdement armés, qui étendent progressivement leur influence vers d’autres régions telles que l’Artibonite et le Centre.
« La société haïtienne est profondément meurtrie avec des citoyens traumatisés, des familles déplacées, une jeunesse privée d’avenir, et un appareil d’État incapable d’assurer ses fonctions régaliennes », a-t-il dénoncé, soulignant que cette crise plonge ses racines dans des siècles d’exclusion sociale, d’injustices structurelles et de domination.
Smith Augustin a insisté sur la dimension transnationale de cette crise. Il a notamment rappelé que « Haïti ne fabrique ni armes ni munitions », appelant à une coopération régionale renforcée pour enrayer les flux d’armes alimentant les groupes armés. Pour lui, seule une réponse coordonnée à l’échelle régionale, impliquant une solidarité active, pourra endiguer cette spirale de violence.
Le diplomate a également exposé les efforts entrepris par le Gouvernement de transition, notamment l’augmentation du budget de la sécurité, le renforcement des capacités des forces de l’ordre et la lutte contre les complicités internes à l’appareil d’État. Toutefois, il a tenu à rappeler qu’aucune solution ne saurait être exclusivement militaire.
« Pour reconstruire Haïti, il faut s’attaquer aux causes profondes : injustice, inégalités, perte de repères collectifs », a-t-il affirmé, appelant à une approche holistique et durable de la résolution de crise.
En conclusion, le Conseiller-Président a réitéré l’engagement du Conseil présidentiel de Transition à restaurer l’ordre constitutionnel, refonder les institutions haïtiennes et organiser des élections libres, crédibles et inclusives. Il a lancé un appel pressant aux membres de l’OEA à passer des paroles aux actes concrets.
« Il y a un devoir de solidarité interaméricaine. Ce n’est pas une question de charité, mais de co-responsabilité », a-t-il martelé.
Par cette intervention marquée par la lucidité, l’urgence et un appel au partenariat régional, Smith Augustin entend positionner Haïti non pas comme un simple réceptacle d’aide, mais comme un acteur demandant justice, dignité et engagement collectif pour sortir d’un chaos qui dépasse désormais ses frontières.



