TPS pour Haïti : Les États-Unis ferment les yeux sur 1,3 million de déplacés
Dans un revirement lourd de conséquences, le gouvernement Trump a annoncé ce vendredi la fin du Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens. La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a précisé que sa résiliation prendra effet le 2 septembre.Cette décision intervient alors qu'Haïti traverse l’une des crises les plus graves de son histoire moderne, marquée par une violence incontrôlable, des déplacements massifs de population et l’effondrement de l’autorité de l’État.
D’après les dernières données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 1,3 million de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile en Haïti à cause des violences armées, des viols collectifs, des enlèvements et des affrontements entre gangs.
Cela représente plus de 10 % de la population haïtienne. Un chiffre alarmant qui souligne l’ampleur de la catastrophe humanitaire — et l’absurdité de la décision américaine.
Haïti “non admissible” au TPS, vraiment ?
Ironie tragique : en mars 2025, le gouvernement Trump a désigné plusieurs gangs haïtiens comme organisations terroristes, tout en maintenant Haïti en niveau d’alerte 4, le plus élevé, déconseillant à ses ressortissants d’y mettre les pieds.
Et pourtant, les autorités américaines estiment que les Haïtiens vivant sur leur sol n’ont plus besoin de protection temporaire. Une contradiction frappante, lourde de conséquences humaines.
Gangs armés… avec des armes américaines
Haïti ne produit pas d’armes. Pourtant, les gangs sont mieux équipés que la police.
Les fusils d’assaut, munitions et grenades proviennent en majorité des États-Unis, via des circuits de contrebande partant de la Floride et certain pays de la caraïbes, selon des rapports de l’ONU.
Le pays qui alimente indirectement les gangs en armes décide aujourd’hui que leurs victimes ne méritent plus la protection du TPS. Un paradoxe amer.
La logique du bannissement sous Trump II
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, en janvier 2025, a marqué un virage dur sur les questions migratoires. Ce n’est pas une surprise : dès son premier mandat, Trump avait tenté de supprimer le TPS pour Haïti, qualifiant le pays de “shithole country”, et imposé des restrictions drastiques à l’entrée des ressortissants haïtiens.
Aujourd’hui, la politique semble suivre la même ligne : fermeture, rejet, criminalisation. Le TPS devient un outil de marchandage politique, au mépris de la réalité sur le terrain.
Pendant ce temps, Haïti s’effondre
La capitale Port-au-Prince est désormais aux deux tiers contrôlée par des gangs. Les enlèvements et assassinats ciblés sont quotidiens. Des écoles sont fermées, des hôpitaux attaqués, des routes coupées.
Le Conseil présidentiel de transition, composé de neuf membres, peine à s’imposer comme une autorité légitime. La PNH est débordée, l’armée inexistante, et la mission multinationale de sécurité (MSS), présente depuis juin 2024, reste en sous-effectif et sans impact.
Le sursaut d’une jeunesse en sursis
Le peuple haïtien, et tout particulièrement sa jeunesse, est confronté à un dilemme historique. Fuir ? Résister ? Rester ? Avec ce retrait du TPS et l’insuffisance de la mission MSS, les portes se ferment. Mais l’histoire d’Haïti montre qu’elle renaît toujours de ses propres élans.
Le moment est venu pour une jeunesse déterminée à se lever et à façonner une autre voie.




