Expulsions massives : plus de 300 000 Haïtiens rapatriés de la République dominicaine en dix mois

Entre janvier et octobre 2025, la République dominicaine a expulsé plus de 300 000 Haïtiens, un chiffre record selon la Direction générale des migrations (DGM). Ce total représente une hausse de 72 % par rapport à la même période en 2024, illustrant l’intensification des politiques migratoires dominicaines.
Les autorités dominicaines expliquent cette augmentation par le renforcement des opérations policières et militaires, notamment dans les provinces frontalières de Dajabón et Elías Piña. Ces actions visent, selon la DGM, à contenir l’entrée irrégulière de migrants fuyant l’effondrement sécuritaire et économique d’Haïti.
Cependant, des organisations de défense des droits humains tirent la sonnette d’alarme. Elles dénoncent des expulsions arbitraires, souvent brutales, qui bafouent les normes internationales. Arrestations sans vérification d’identité, séparations familiales et expulsions de personnes nées en territoire dominicain sont régulièrement signalées.
Sur le terrain, dans des villes frontalières comme Ouanaminthe et Belladère, les autorités haïtiennes se retrouvent dépassées face à l’arrivée quotidienne de rapatriés, sans ressources ni assistance humanitaire suffisante. Les structures d’accueil locales sont saturées, aggravant la crise sociale dans les zones concernées.
Face à cette situation préoccupante, des appels à une réponse concertée se multiplient. Des acteurs haïtiens et internationaux réclament un dialogue bilatéral sérieux pour garantir le respect des droits fondamentaux, tout en tenant compte des enjeux de souveraineté et de sécurité des deux nations.



