Plus de 262 morts à Kenscoff entre fin janvier et mars 2025, selon le BINUH

La commune de Kenscoff, dans les hauteurs de Pétionville, est en proie à une vague de violence meurtrière. Selon un communiqué publié ce lundi 7 avril 2025 par le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), plus de 262 personnes ont été tuées et 66 autres blessées depuis le 27 janvier dans cette commune, à la suite des attaques répétées de groupes armés affiliés à la coalition Viv Ansanm.
Parmi les victimes recensées depuis le 7 janvier, figurent 115 civils — dont 103 hommes, 50 femmes, six garçons et trois filles — ainsi que 147 membres présumés de gangs armés. Le rapport fait également état de 57 civils blessés, contre sept du côté des groupes armés.
Le BINUH souligne que huit membres de la brigade de sécurité ont également été touchés, dont quatre ont perdu la vie. Un officier de la force multinationale de soutien à la sécurité, présente aux côtés de la Police nationale d’Haïti, figure également parmi les victimes.
Les violences n’ont pas seulement entraîné des pertes humaines. Environ 200 maisons ont été vandalisées ou incendiées, forçant plus de 3 000 personnes à fuir leur domicile pour chercher refuge dans des zones plus sûres. Les quartiers de Bélot, Bois d’Avril et Godet sont parmi les plus durement touchés, précise le BINUH, qui dénonce par ailleurs les actes de violence sexuelle commis contre des femmes et des filles dans ce contexte chaotique.
Ce drame s’inscrit dans une crise sécuritaire plus large. Entre le 1er janvier et le 27 mars 2025, plus de 1 518 personnes ont été tuées et 572 autres blessées à travers tout le pays. Ces chiffres résultent de la violence généralisée des gangs, des interventions des forces de sécurité, mais aussi d’actes perpétrés par des groupes d’autodéfense ou des individus isolés.
Face à l’ampleur de la crise, la communauté internationale, les autorités locales et les organisations humanitaires sont appelées à redoubler d’efforts pour protéger les populations civiles et restaurer l’ordre dans les zones les plus affectées.




