Fin du CPT : le Mouvement LKV appelle à une transition rigoureuse et à un pacte national de gouvernabilité

Le Mouvement Lajenes Kisa w Vle (LKV) a pris acte, ce 7 février 2026, de la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), conformément aux dispositions prévues par le décret du 27 mai 2024 portant création et fonctionnement de cet organe. Avec l’expiration de ce mandat, la conduite de l’exécutif revient désormais au Conseil des ministres, sous la présidence du Premier ministre, tel que prévu par les textes encadrant la transition.
Dans une note rendue publique, le Mouvement LKV rappelle que cette évolution institutionnelle était attendue et juridiquement balisée. Il souligne également que cette orientation figurait déjà parmi ses propositions dans son Document de sortie de crise publié le 8 novembre 2025, traduisant, selon l’organisation, sa volonté constante de voir s’instaurer une transition ordonnée, prévisible et respectueuse de l’architecture juridique de l’État.
Tout en réaffirmant que cette phase transitoire doit être la dernière transition politique extra-constitutionnelle de l’histoire récente d’Haïti, le Mouvement LKV insiste sur le fait que le transfert de pouvoir au Premier ministre ne saurait constituer un blanc-seing. Il exhorte le chef du gouvernement à engager rapidement un dialogue inclusif avec les forces politiques, les organisations de la société civile ainsi que les secteurs sociaux et économiques, en vue de parvenir à un accord politique global.
Selon le LKV, cet accord devrait déboucher sur la signature d’un Pacte de gouvernabilité nationale, reposant notamment sur un principe de non-agression politique, une feuille de route claire, réaliste et strictement limitée dans le temps, ainsi qu’un engagement collectif en faveur du rétablissement de l’ordre constitutionnel et démocratique.
Sur le plan institutionnel, le Mouvement recommande la mise en place d’un gouvernement de mission et de responsabilité, limité à douze ministères stratégiques. Il préconise également la création d’un Grand Pôle de sécurité nationale, regroupant les portefeuilles de la Justice, de l’Intérieur, de la Défense et de la Protection civile. Cette équipe gouvernementale devrait, selon LKV, être composée de technocrates qualifiés, de personnalités crédibles et de jeunes professionnels compétents, porteurs d’une vision nationale partagée.
Par ailleurs, l’organisation plaide pour une gouvernance fondée sur l’austérité et la rigueur, axée sur une gestion rationnelle des ressources publiques, la lutte contre le gaspillage et la corruption, ainsi que la concentration de l’action de l’État autour de deux priorités majeures :
le rétablissement effectif de la sécurité sur l’ensemble du territoire et l’organisation d’élections libres, crédibles, inclusives et conformes aux prescriptions constitutionnelles.
Enfin, le Mouvement Lajenes Kisa w Vle invite le Conseil des ministres à tirer les enseignements des transitions précédentes, à agir avec sens de l’État et à faire preuve de responsabilité, de courage éthique et de hauteur de vue. Il réaffirme sa vigilance et son engagement à défendre les intérêts supérieurs de la Nation, tout en appelant la nouvelle génération citoyenne à s’impliquer activement dans la reconstruction du destin collectif, afin que le 7 février cesse d’être synonyme d’instabilité pour devenir une date de renaissance républicaine, de réconciliation nationale et de retour à l’ordre constitutionnel.




