Révocation du Premier ministre : Smith Augustin admet les risques pour la stabilité et appelle au dialogue

La tentative de révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé continue de provoquer de vives tensions au sommet de l’État. Dans une lettre adressée, mercredi 21 janvier, au président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, le conseiller-président Smith Augustin reconnaît que la démarche engagée fragilise davantage la stabilité politique du pays.
Smith Augustin rappelle qu’une décision, adoptée à la majorité qualifiée au sein du CPT, visait à provoquer un changement de gouvernement. Cette initiative répondait, selon lui, aux revendications de plusieurs secteurs consultés par l’institution, qui conditionnaient toute entente nationale à un remaniement de l’exécutif.
Toutefois, le conseiller admet désormais que cette décision n’a pas produit l’effet escompté. Au contraire, elle a exacerbé les divisions internes et affaibli les bases de l’État. « Alors que de nombreuses voix, y compris au sein de ma propre famille politique, appellent à la conclusion d’un accord politique avant tout changement de gouvernement, il est évident que cette décision accentue les fractures internes et met à l’épreuve le principe même de la souveraineté nationale », écrit-il, prenant ainsi ses distances avec une résolution dont il fut pourtant l’un des instigateurs.
Face à l’aggravation de la crise, Smith Augustin exhorte le président du CPT à convoquer d’urgence une réunion du Conseil afin d’ouvrir une concertation. L’objectif, précise-t-il, est de dégager un consensus minimal sur la poursuite du processus engagé par la majorité, en attendant la conclusion d’un accord politique plus large.
Cette prise de position intervient alors que la pression internationale s’intensifie. Vendredi 23 janvier 2026, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, s’est entretenu avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Dans un communiqué officiel du Département d’État, le diplomate américain a réaffirmé le soutien de Washington à la stabilité et à la sécurité d’Haïti, soulignant l’importance du maintien du chef du gouvernement à son poste.
Selon Marco Rubio, la continuité du leadership de M. Fils-Aimé est un facteur clé dans la lutte contre les gangs armés qualifiés de terroristes et dans les efforts de stabilisation du pays. Il a également rappelé que le Conseil présidentiel de transition devait être dissous au plus tard le 7 février, tout en mettant en garde contre « toute tentative d’acteurs corrompus de s’ingérer dans le processus politique à des fins personnelles ».
« Les dirigeants haïtiens doivent choisir la stabilité du pays », a insisté le chef de la diplomatie américaine, avertissant que les États-Unis entendent imposer de lourdes sanctions à tout responsable politique soutenant des gangs violents ou des actes assimilables au terrorisme.
Dans le même élan, le Canada, l’Union européenne et la Grande-Bretagne ont exprimé, ces dernières heures, leur soutien au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, estimant que la stabilité institutionnelle et la continuité de l’action gouvernementale sont indispensables à l’organisation d’élections crédibles et au rétablissement de l’ordre public.




