La faim touche plus de la moitié de la population, les groupes armés exploitent la crise

Port-au-Prince, 20 avril 2026 — La crise alimentaire en Haïti atteint un niveau critique. Selon les dernières données du Programme Alimentaire Mondial (PAM), environ 5,8 millions de personnes, soit 52 % de la population, peinent à se nourrir correctement, une situation aggravée par la flambée des prix des produits de base.
Dans une communication publiée le 17 avril 2026, l’agence onusienne alerte sur une « urgence » humanitaire liée notamment à l’augmentation du coût des carburants, qui entraîne une hausse généralisée des denrées alimentaires. Pour les Nations Unies, cette insécurité alimentaire massive menace directement la stabilité du pays.
« La faim ouvre la porte aux groupes armés », avertit Wanja Kaaria. Selon elle, ces groupes exploitent la détresse des familles en attirant notamment des enfants avec de la nourriture, tout en ciblant les femmes et les jeunes mères particulièrement vulnérables.
La situation est le résultat d’une combinaison de facteurs : violences persistantes des gangs, instabilité politique, crise économique et catastrophes naturelles. Le PAM cite notamment l’impact de l’ouragan Melissa, qui a frappé le sud du pays fin 2025, aggravant les conditions de vie déjà précaires.
Cette crise a également provoqué le déplacement de plus de 1,4 million de personnes. Parmi elles, près de 300 000 vivent aujourd’hui dans des abris temporaires surpeuplés et insalubres, principalement dans la capitale, Port-au-Prince.
Face à l’ampleur des besoins, le PAM lance un appel à la mobilisation internationale. L’organisation estime à 332 millions de dollars le financement nécessaire pour maintenir ses opérations essentielles au cours des 12 prochains mois. Ces fonds permettraient notamment d’apporter une aide d’urgence et de renforcer la résilience de plus de 2,7 millions de personnes.
Pour les agences humanitaires, l’enjeu dépasse la simple assistance alimentaire. « Nous ne pouvons pas construire la paix lorsque les familles n’ont rien pour nourrir leurs enfants », insiste Wanja Kaaria. Restaurer la sécurité alimentaire apparaît ainsi comme une condition indispensable au retour de la stabilité en Haïti.




