Huit pays, dont Haïti, menacés par une pénurie de médicaments contre le VIH

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a lancé ce mercredi 19 mars 2025, une alerte concernant un risque imminent de pénurie de médicaments anti-VIH dans huit pays, dont Haïti. Cette situation critique est principalement due au gel des financements américains pour la lutte contre le VIH/Sida. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que cette pénurie pourrait entraîner plus de 10 millions de nouvelles infections et plus de trois millions de décès supplémentaires à l’échelle mondiale.
Dans un communiqué publié mercredi, l’OMS a identifié les pays les plus menacés : le Burkina Faso, le Kenya, le Lesotho, le Mali, le Nigéria, le Soudan du Sud, Haïti et l’Ukraine. Selon les données de l’OMS pour 2023, bien que 77 % des personnes vivant avec le VIH avaient accès à un traitement antirétroviral (ARV) à la fin de l’année, la suspension des financements met en péril ces avancées.
Lors d’une conférence de presse, Tedros Adhanom Ghebreyesus a tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences catastrophiques de cette pénurie. Il a souligné que le gel des financements pourrait anéantir deux décennies de progrès dans la lutte contre le VIH et déclencher une crise de santé publique mondiale. En effet, plus de 10 millions de nouvelles infections par le VIH pourraient survenir, accompagnées de plus de trois millions de décès.
Cette situation découle d’une décision prise par l’administration du président américain Donald Trump en janvier, qui a suspendu l’aide aux pays en développement dans le cadre d’un examen des dépenses publiques. Cette décision a entraîné un déficit de financement majeur dans le secteur de la santé mondiale, affectant non seulement les efforts de lutte contre le VIH, mais aussi contre d’autres maladies comme la polio, le paludisme et la tuberculose.
L’OMS a également alerté sur un risque imminent de fermeture du Réseau mondial de laboratoires de la rougeole et de la rubéole, qui compte plus de 700 sites dans le monde, alors que la rougeole fait un retour en force aux États-Unis. Tedros Ghebreyesus a insisté sur la « responsabilité » des États-Unis de réduire leur financement de manière ordonnée et humaine, afin de permettre aux pays affectés de trouver des sources de financement alternatives.
Les pénuries de financement pourraient également avoir des répercussions dramatiques en Afghanistan, où jusqu’à 80 % des services de santé essentiels soutenus par l’OMS sont menacés de fermeture. À ce jour, 167 établissements de santé ont déjà fermé en raison du manque de financement, et plus de 220 autres pourraient faire face à la même fate d’ici juin sans intervention urgente.
La décision des États-Unis de quitter l’OMS a contraint l’agence des Nations Unies à geler les embauches et à mettre en place des coupes budgétaires, affectant ainsi ses opérations dans le monde entier. Dans ce contexte, l’OMS a annoncé qu’elle prévoyait de réduire son objectif de financement des opérations d’urgence, passant de 1,2 milliard de dollars à 872 millions de dollars pour la période budgétaire 2026-2027.




